Une proposition d'achat en 48 h, sans condition de prêt.Comment ça marche

Comment vendre à un investisseur immobilier ou à un marchand de biens ?

Vendre à un investisseur immobilier ou à un marchand de biens, c'est céder votre bien à un professionnel qui achète pour louer ou pour revendre après travaux. Il paie le plus souvent sans prêt et n'a pas le délai de rétractation de 10 jours des particuliers. En contrepartie, son prix part du loyer ou de la marge qu'il vise, donc sous celui d'une vente classique.

Immeuble ancien en pierre de Bordeaux entouré d'un échafaudage jaune pendant sa rénovation, entre deux façades à balcons
Photo Antoine Pouligny, Unsplash

Qui sont les investisseurs qui rachètent une maison ou un appartement ?

Quatre familles d'acheteurs se cachent derrière le mot « investisseur ». Le particulier qui achète pour louer, la société qui gère un patrimoine (société civile, foncière), le marchand de biens qui achète pour revendre, et le promoteur qui achète un terrain pour construire. Ils n'achètent pas les mêmes biens et ne calculent pas leur prix de la même façon.

Le marchand de biens est un métier à part entière : l'Insee lui réserve un code d'activité, le 68.10Z « Activités des marchands de biens immobiliers », que vous retrouvez sur l'extrait Kbis de sa société. Vendre à l'un de ces acheteurs est une des solutions de vente immobilière rapide, à côté de l'agence, de la vente interactive ou du viager.

Avant de chercher un acheteur, regardez donc à quelle famille votre bien parle. Un studio loué intéresse l'investisseur locatif, une maison à rénover le marchand de biens, une grande parcelle constructible le promoteur. Les cartes ci-dessous résument ce que chacun cherche.

Investisseur particulier

Il achète pour louer et regarde d'abord le loyer, les charges et le DPE. Un logement déjà loué ne le gêne pas : il récupère le bail et le locataire.

Société ou foncière

Une société civile ou une foncière achète pour garder longtemps. Elle cherche des immeubles entiers ou des biens loués avec un rendement régulier.

Marchand de biens

Il achète pour revendre, souvent après travaux ou découpage en lots. Il vise les biens à rénover, mal présentés ou difficiles à vendre à un particulier.

Promoteur immobilier

Il achète surtout un terrain à bâtir. Sa promesse dépend presque toujours d'un permis de construire, ce qui allonge le délai avant l'acte.

Pourquoi vendre à un investisseur plutôt qu'à un particulier ?

Pour la certitude et le calendrier. Un acheteur professionnel finance le plus souvent son achat sur ses fonds propres ou sur une ligne de crédit déjà accordée : la promesse ne contient pas de condition suspensive de prêt, et la vente ne tombe pas parce qu'une banque a dit non. Il achète aussi le bien tel qu'il est, sans vous demander de travaux ni de home staging.

Il accepte surtout ce qu'un particulier refuse. Un logement occupé par un locataire n'intéresse pas un ménage qui veut y habiter, alors qu'il convient à l'investisseur qui veut louer : pour vendre un appartement loué sans attendre la fin du bail, c'est l'acheteur le plus naturel. Il en va de même d'une maison classée F ou G, d'un bien en indivision qu'il faut vendre vite ou d'un logement à rafraîchir entièrement.

Le revers tient en une ligne : le prix. Un reportage de TF1 Info de mai 2022 relevait que les sociétés de rachat rapide achetaient de 6 à 11 % sous les prix du marché. Le tableau ci-dessous compare les deux acheteurs point par point, avec ce que chacun change pour vous.

Particulier ou acheteur professionnel : ce qui change pour le vendeur

PointAchat pour y vivreAchat pour louer ou revendre
Prêt bancaireLe plus souventRarement
Clause de prêtOui, un moisRare
Rétractation10 joursAucune
Bien louéRarementAccepté
TravauxSouvent exigésAucun
PrixPrix du marchéSous le marché

Comment un investisseur calcule-t-il son prix d'achat ?

À l'envers. Un particulier part du prix affiché et négocie ; un professionnel part de ce que le bien lui rapportera et en déduit ce qu'il peut payer. Connaître sa méthode vous permet de juger une offre en quelques minutes, et de savoir sur quel chiffre discuter.

La méthode dépend de la famille d'acheteur. L'investisseur locatif raisonne en rendement, le marchand de biens en marge sur la revente.

L'investisseur locatif : le rendement

Il divise le loyer annuel par le prix. Exemple chiffré, fictif : un deux-pièces loué 650 € par mois rapporte 7 800 € par an. Si l'investisseur vise un rendement brut de 6 %, il proposera au plus 130 000 € (7 800 divisé par 0,06). À 150 000 €, le rendement tombe à 5,2 % et il passera son tour. Pour obtenir plus, il faut donc justifier un loyer plus haut ou des charges plus basses, documents à l'appui.

Le marchand de biens : le compte à rebours

Il part du prix auquel il pense revendre après travaux, puis retire le coût des travaux, ses frais d'achat, de portage et de revente, et la marge qu'il vise pour couvrir son risque. Ce qui reste est son prix d'achat. Pour vérifier son estimation de revente, comparez-la aux ventes de biens rénovés du quartier sur la base publique DVF (demandes de valeurs foncières), qui donne les prix réellement signés.

Exemple fictif : le compte à rebours d'un marchand de biens pour une maison à rénover

Étape du calculMontant en euros
Prix de revente après travaux300 000
Travaux- 60 000
Frais d'achat, de portage, de revente- 25 000
Marge visée (15 % ici)- 45 000
Prix d'achat proposé170 000

Pourquoi un marchand de biens paie-t-il moins de droits à l'achat ?

Parce qu'il s'engage à revendre. L'article 1115 du Code général des impôts exonère des droits de mutation l'acheteur assujetti à la TVA qui prend l'engagement de revendre le bien dans les cinq ans ; il ne paie alors que la taxe de publicité foncière, au taux global de 0,715 %, selon la doctrine fiscale (BOFiP, BOI-ENR-DMTOI-10-50). S'il ne revend pas à temps, il doit les droits normaux et un intérêt de retard.

Un particulier paie le taux départemental, que la loi de finances pour 2025 permet de porter de 4,50 % à 5 % jusqu'au 31 mars 2028. Au 1er juin 2026, la grande majorité des départements appliquaient 5 %, dont Paris, le Nord et la Gironde ; quelques-uns sont restés à 4,50 %, comme les Alpes-Maritimes ou l'Oise. La taxe communale et les frais d'assiette s'y ajoutent encore.

Le graphique compare ces droits pour un achat de 250 000 €. L'écart, plus de 10 000 €, explique une partie de la marge du marchand de biens ; il ne revient pas au vendeur, mais il aide l'acheteur à boucler son calcul. Pour le particulier, seule la part du département est comptée, au taux de 5 % ou de 4,50 % selon le département.

Droits payés par l'acheteur sur un achat de 250 000 €
12 500 €
11 250 €
1 788 €
Particulier (5 %)Particulier (4,5 %)Marchand de biens (0,715 %)

Source : impots.gouv.fr, taux départementaux au 1er juin 2026 ; BOFiP BOI-ENR-DMTOI-10-50 (taux global de 0,715 %)

Un marchand de biens peut-il se rétracter après le compromis ?

Non, pas au sens du délai de 10 jours. Ce droit est réservé à l'acquéreur non professionnel d'un logement (article L271-1 du Code de la construction et de l'habitation). Un marchand de biens ou une société d'investissement qui achète pour son activité n'en bénéficie pas : sa signature l'engage dès le compromis, sous réserve des conditions suspensives qu'il y a fait inscrire.

C'est un gain de temps réel, puisque la vente n'attend pas la fin du délai pour être sûre. Le revers : tout se joue dans les conditions suspensives. Un compromis qui n'a pas de condition de prêt mais qui dépend d'un permis de construire, d'une division ou d'une revente des lots peut rester incertain plusieurs mois. Service-public.fr pose la règle en une phrase, dans sa fiche sur la promesse et le compromis de vente.

« L'acquéreur non professionnel d'un bien à usage d'habitation bénéficie d'un droit de rétractation »

Service-public.fr, Promesse de vente d'un logement existant : promesse unilatérale ou compromis (fiche F2965), vérifié le 10 avril 2026

Que vérifier dans un compromis de vente avec un marchand de biens ?

Les clauses propres à l'acheteur professionnel, parce que ce sont elles qui décident si la vente ira au bout. Le compromis se signe chez le notaire, idéalement le vôtre : chaque partie peut avoir le sien sans payer plus, les émoluments étant partagés entre les deux.

Relisez en particulier les points ci-dessous avant de signer. Chacun se négocie, et un acheteur sérieux n'a aucune raison de refuser de les préciser par écrit.

  • La clause de substitution : elle permet à l'acheteur de se faire remplacer par une société créée pour l'opération ; demandez que le signataire reste garant du paiement.
  • Les conditions suspensives : permis de construire, division, autorisation de travaux ; chacune doit avoir une date limite courte et précise.
  • La date de l'acte authentique : sans condition de prêt, rien n'oblige à attendre trois mois.
  • Le dépôt de garantie : service-public.fr le situe en général à 10 % du prix pour un compromis, versé chez le notaire.
  • La preuve du financement : une attestation de la banque ou des fonds disponibles, jointe au dossier.
  • La description des défauts connus du bien, écrite noir sur blanc dans l'acte.

Comment se déroule la vente, de la première offre à l'acte ?

En cinq temps, plus courts qu'avec un particulier mais pas plus libres. Les délais légaux qui ne dépendent pas de l'acheteur s'appliquent toujours, à commencer par le droit de préemption de la mairie, qui dispose de deux mois pour répondre quand le bien est situé dans une zone concernée.

Le guide sur le délai compromis de vente détaille chacun de ces délais. Les étapes ci-dessous suivent l'ordre d'une vente à un acheteur professionnel qui paie sans prêt.

  1. 1

    Dossier : description et documents

    Photos, surface, diagnostics, taxe foncière, et pour un bien loué le bail et les trois dernières quittances. Un investisseur chiffre son offre sur ces pièces avant même de visiter.

  2. 2

    Visite : souvent une seule

    L'acheteur vient vérifier l'état réel du bien, parfois avec un artisan ou un architecte pour chiffrer les travaux.

  3. 3

    Offre : écrite et datée

    Demandez une offre écrite, avec son prix, sa durée de validité et ses éventuelles conditions. Comparez-la à au moins une autre avant de répondre.

  4. 4

    Compromis : chez le notaire

    Pas de délai de rétractation pour un acheteur professionnel. Le notaire purge le droit de préemption de la mairie et réunit les pièces de l'acte.

  5. 5

    Acte : signature et paiement

    Le notaire vous verse le prix après la signature de l'acte authentique, diminué des sommes qu'il doit régler pour vous : crédit restant sur le bien, impôt sur la plus-value s'il est dû.

Comment trouver un investisseur ou un marchand de biens sérieux ?

Par trois canaux. Les agences du secteur connaissent les investisseurs qui achètent localement et leur réservent souvent les biens loués ou à rénover. Les réseaux d'acheteurs professionnels et les sociétés de rachat rapide reçoivent la description du bien en ligne et répondent par une offre. Enfin, les marchands de biens installés près de chez vous se trouvent dans l'annuaire des entreprises, sous le code d'activité 68.10Z.

Vérifiez ensuite à qui vous avez affaire. Le numéro SIREN donne gratuitement l'extrait de la société sur l'annuaire officiel des entreprises : date de création, activité déclarée, dirigeants. Demandez des références d'opérations déjà réalisées et la preuve des fonds, et méfiez-vous d'une offre très au-dessus des autres : elle cache souvent une condition suspensive qui la fera baisser plus tard.

Dans quels cas vaut-il mieux vendre à un particulier ?

Quand vous avez le temps et que le bien plaît à ceux qui veulent y habiter. Une maison familiale en bon état, un appartement lumineux bien placé ou un logement vide dans une ville où les acheteurs se pressent trouveront un particulier prêt à payer le prix du marché. Vendre à un investisseur reviendrait alors à lui laisser la différence sans vraie contrepartie.

À l'inverse, l'acheteur professionnel prend l'avantage dès que le bien coche une de ces cases : occupé par un locataire, à rénover, classé F ou G, en indivision avec une échéance, ou déjà resté des mois sur le marché. Pour une maison avec travaux, il est souvent le seul à faire une offre ferme. La règle la plus simple reste de mettre deux offres côte à côte : celle d'un professionnel, et l'estimation des ventes réelles du quartier.

Les règles de cette page ont été vérifiées en octobre 2026 sur service-public.fr, le BOFiP et les tableaux de taux publiés par impots.gouv.fr ; les calculs de prix sont des exemples fictifs, à refaire avec les chiffres de votre bien.

Questions fréquentes

Comment vendre sa maison à un marchand de biens ?

Décrivez la maison avec ses diagnostics et ses défauts connus, laissez le marchand de biens la visiter, puis demandez une offre écrite et datée. Le compromis se signe chez le notaire ; relisez la clause de substitution et les conditions suspensives. Sans prêt, l'acte peut suivre en quelques semaines, une fois le droit de préemption de la mairie purgé.

Vendre à un investisseur, est-ce vendre moins cher ?

En général oui, parce que son prix part du loyer ou de la marge qu'il vise. TF1 Info relevait en 2022 des achats de 6 à 11 % sous le prix du marché chez les sociétés de rachat rapide. L'écart se compare à ce que vous économisez : pas de travaux, pas de commission d'agence si vous vendez en direct, des mois de charges et de taxe foncière en moins.

Comment vendre ma maison à un promoteur ?

Seulement si le terrain permet de construire davantage que la maison existante : le promoteur achète un droit à bâtir. Consultez le plan local d'urbanisme de la commune, puis contactez plusieurs promoteurs. Leur promesse dépend presque toujours de l'obtention d'un permis de construire purgé de tout recours, ce qui repousse l'acte de plusieurs mois.

Est-ce mieux de passer par une agence immobilière ?

Pour un bien qui plaît aux familles et sans urgence, l'agence permet souvent de vendre plus cher, commission déduite. Pour un bien loué, à rénover ou à vendre vite, la vente directe à un investisseur évite la commission et la condition de prêt. Beaucoup d'agences travaillent d'ailleurs avec des investisseurs locaux et peuvent leur présenter votre bien.

La plus-value est-elle taxée différemment si l'acheteur est un investisseur ?

Non. L'impôt sur la plus-value dépend du vendeur et du bien, pas de l'acheteur : la vente de votre résidence principale est exonérée, et pour un autre bien les abattements pour durée de détention s'appliquent de la même façon, que l'acheteur soit un particulier, une société ou un marchand de biens.

Sources

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