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Vendre un bien hérité : quel impôt sur la plus-value ?

Oui, si vous revendez plus cher que la valeur déclarée au décès. Le calcul part de cette valeur, augmentée des droits de succession payés sur le bien, jamais du prix payé autrefois par le défunt. Le gain est taxé à 19 % d'impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux, sans abattement avant 6 ans de détention comptés depuis le décès. Sources vérifiées en novembre 2026.

Cuisine ancienne restée meublée, papier peint à fleurs, placards en bois clair et rideaux roses, dans une maison de famille
Photo Cord Allman, Unsplash, licence Unsplash

Paie-t-on une plus-value sur une maison héritée ?

Hériter ne déclenche aucun impôt sur la plus-value : la transmission est taxée par les droits de succession, calculés sur la valeur du bien au jour du décès. L'impôt sur la plus-value n'apparaît qu'au moment où l'héritier revend, et seulement si le prix de vente dépasse cette valeur. Tout le gain accumulé du vivant du défunt disparaît au décès : une maison achetée 80 000 € en 1985 et estimée 350 000 € dans la déclaration de succession ne sera taxée que sur ce qu'elle prend au-delà de 350 000 €.

Concrètement, la question se pose dans deux cas : quand la vente intervient plusieurs années après le décès, dans un marché qui a monté, ou quand la valeur déclarée au notaire était basse. Les démarches de la vente maison succession (accord des héritiers, attestation immobilière, délais) sont traitées dans un guide à part ; celui-ci ne parle que de l'impôt. L'administration fiscale résume la règle ainsi :

« Si vous avez acquis votre bien à titre gratuit (par héritage ou donation), en l'absence de prix d'acquisition, la valeur vénale, telle que déterminée dans l'acte de donation ou la déclaration de succession, est utilisée pour le calcul de la plus-value. »

impots.gouv.fr, « Plus-values imposées », lu le 8 novembre 2026

Comment calculer la plus-value immobilière d'une succession ?

Le calcul suit cinq étapes, toujours dans le même ordre. Il se fait pour chaque héritier vendeur, sur sa part du prix : deux enfants qui vendent ensemble ont chacun leur propre calcul, leurs propres abattements et leurs propres exonérations. C'est le notaire chargé de la vente qui le fait, sur le formulaire 2048-IMM, mais rien n'empêche de le refaire avant de signer le compromis pour connaître son prix net.

Deux différences avec un bien acheté changent tout : le point de départ est la valeur de la déclaration de succession, et la durée de détention repart de zéro à la date du décès, quelle que soit l'ancienneté de l'achat par le défunt (BOFiP, BOI-RFPI-PVI-20-20).

  1. 1

    Prix de vente net

    Votre part du prix, diminuée des frais payés par vous pour vendre : diagnostics obligatoires, commission d'agence à votre charge, mainlevée d'hypothèque.

  2. 2

    Valeur au jour du décès

    La valeur vénale du bien inscrite dans la déclaration de succession, pour votre part. Le prix d'achat du défunt ne compte plus.

  3. 3

    Frais de succession ajoutés

    Droits de succession afférents au bien et frais d'acte du notaire, pour leur montant réel, s'ils ont été payés par vous (BOI-RFPI-PVI-20-10-20-20, § 80).

  4. 4

    Travaux : réels ou 15 %

    Travaux d'agrandissement ou d'amélioration faits par une entreprise après le décès, sur factures, ou forfait de 15 % de la valeur si vous vendez plus de 5 ans après le décès.

  5. 5

    Abattements puis impôt

    Abattements pour durée de détention à partir de la 6e année, puis 19 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux, plus une surtaxe au-delà de 50 000 €.

Quels frais de succession déduire de la plus-value ?

Les droits de succession et les honoraires du notaire liés au bien s'ajoutent à la valeur au décès, ce qui réduit d'autant la plus-value. Trois règles, toutes écrites dans la doctrine fiscale, limitent ce que vous pouvez ajouter, et elles sont souvent mal reprises : seuls les frais réels comptent, seulement la part qui revient au bien vendu, et seulement ceux que vous avez payés vous-même.

Les droits se calculent à proportion du bien vendu

Une succession comprend souvent une maison, des comptes et un véhicule. Les droits payés portent sur l'ensemble : vous n'ajoutez que la fraction qui correspond à la maison. Le BOFiP donne l'exemple d'un héritier qui reçoit 80 000 € d'actif, dont 40 000 € de part de maison, et qui paie 6 000 € de droits : il ajoute 40 000 / 80 000 × 6 000, soit 3 000 € (BOI-RFPI-PVI-20-10-20-20, § 80). Gardez l'avis de paiement des droits et le détail de l'actif établi par le notaire.

Conjoint ou bien exonéré : aucun droit à ajouter

Le conjoint survivant et le partenaire de Pacs ne paient pas de droits de succession (Service-Public F14198). À la revente, ils n'ont donc aucun droit à ajouter à la valeur au décès : seuls les frais d'acte du notaire viennent en majoration. La même règle vaut pour un enfant dont la part reste sous l'abattement de 100 000 € par parent : sans droits payés, la plus-value se calcule sur la seule valeur déclarée, ce qui rend cette valeur encore plus déterminante.

Le forfait de 7,5 % ne vaut pas pour un héritage

Plusieurs guides en ligne proposent d'ajouter 7,5 % de frais forfaitaires à la valeur au décès. C'est une erreur : ce forfait est réservé aux biens achetés, pour remplacer les frais de notaire d'un achat. Pour un bien reçu par succession, la doctrine n'admet que les frais réels et justifiés. Le seul forfait ouvert à l'héritier est celui de 15 % pour travaux, après 5 ans de détention depuis le décès (BOI-RFPI-PVI-20-10-20-20, § 90 et suivants).

Quel impôt sur la vente d'une maison héritée à deux ?

Voici un exemple fictif, calculé de bout en bout avec le barème officiel des droits en ligne directe (Service-Public F14198, vérifié le 9 février 2026) et les taux d'impots.gouv.fr. Deux enfants héritent à parts égales, en mars 2024, d'une maison déclarée 320 000 €, seul bien de la succession. Chacun reçoit 160 000 €, abattement de 100 000 € déduit, et paie 10 194 € de droits. Ils vendent en mars 2027 pour 380 000 €, après 600 € de diagnostics.

Chaque enfant déclare 19 506 € de plus-value et paie 7 061 € au total, soit 14 122 € pour la fratrie. Vendue 3 ans après le décès, la maison ne bénéficie d'aucun abattement. Sans les droits de succession ajoutés à la valeur au décès, chaque plus-value aurait été de 29 700 € et la facture de chacun de 10 751 € : garder l'avis de paiement des droits vaut ici 3 690 € par enfant.

Exemple fictif : impôt de chaque enfant sur la revente, 3 ans après le décès (barème F14198, taux impots.gouv.fr, lus le 8 novembre 2026)

Étape du calculPour chaque enfant
Part du prix de vente190 000 €
Diagnostics payés (moitié)− 300 €
Valeur au décès (moitié)160 000 €
Droits de succession payés10 194 €
Plus-value imposable19 506 €
Impôt sur le revenu, 19 %3 706 €
Prélèvements sociaux, 17,2 %3 355 €
Total à payer7 061 €

Déclarer une valeur basse dans la succession : bon calcul ?

Non, dès que la vente est proche. Une valeur basse fait payer moins de droits de succession, mais elle gonfle la plus-value à la revente, taxée à 36,2 % sans abattement avant 6 ans. Comme les droits payés s'ajoutent eux aussi à la valeur au décès, chaque euro déclaré en plus coûte 20 centimes de droits dans la tranche la plus courante et retire jusqu'à 1,20 € de plus-value taxable.

Le graphique reprend un exemple fictif : un enfant unique hérite d'une maison, seul bien de la succession, qu'il revend 300 000 € deux ans après le décès. Déclarée 240 000 €, elle lui coûte 38 432 € en droits et en impôt ; déclarée 270 000 €, 32 194 €. La valeur à inscrire reste la valeur de marché au jour du décès : une sous-évaluation peut être rectifiée par l'administration. Mais quand plusieurs estimations encadrent cette valeur, retenir le haut de la fourchette coûte souvent moins cher si la maison doit être vendue vite.

Droits de succession et impôt sur la plus-value réunis, en milliers d'euros, selon la valeur déclarée (exemple fictif : vente à 300 000 € deux ans après le décès, enfant unique)
38,4 k€
36,1 k€
33,7 k€
32,2 k€
34,2 k€
38,2 k€
240 k€250 k€260 k€270 k€280 k€300 k€

Source : Calcul fait pour cet exemple d'après le barème en ligne directe de Service-Public F14198 (vérifié le 9 février 2026) et les taux d'impots.gouv.fr (19 % et 17,2 %), lus le 8 novembre 2026

Quand la vente d'un bien hérité est-elle exonérée ?

Les exonérations s'apprécient pour l'héritier qui vend, jamais pour le défunt : que la maison ait été la résidence principale de vos parents ne suffit pas. Dans une même vente, un héritier peut être exonéré et ses frères et sœurs taxés. Les cas prévus par impots.gouv.fr et les Notaires du Grand Paris, lus le 8 novembre 2026, sont les suivants :

  • Le logement était votre propre résidence principale au jour de la vente, par exemple parce que vous y êtes venu vivre après le décès.
  • Le prix de vente ne dépasse pas 15 000 €, ce qui concerne surtout un garage ou une petite parcelle.
  • Vous n'avez pas été propriétaire de votre résidence principale pendant les quatre années précédentes et vous réemployez le prix dans les 24 mois pour l'acheter.
  • Vous vendez plus de 22 ans après le décès pour l'impôt sur le revenu, plus de 30 ans après pour les prélèvements sociaux.

Combien de temps après le décès pour payer moins d'impôt ?

Il faut attendre au moins 6 ans après le décès pour obtenir le premier abattement, et 5 ans pour utiliser le forfait travaux de 15 %. L'abattement pour l'impôt sur le revenu est de 6 % par an de la 6e à la 21e année, puis de 4 % la 22e ; pour les prélèvements sociaux, de 1,65 % par an de la 6e à la 21e année, 1,60 % la 22e, puis 9 % par an jusqu'à la 30e (impots.gouv.fr). Une maison vendue 10 ans après le décès est ainsi taxée sur 70 % de sa plus-value pour l'impôt et sur 91,75 % pour les prélèvements sociaux.

Attendre a donc un effet limité les premières années, et la plupart des maisons héritées se vendent bien avant. Le vrai réglage se fait plus tôt, au moment de la déclaration de succession : une valeur juste et documentée (deux estimations d'agences ou l'avis du notaire, avec la date) réduit la plus-value future sans attendre. La date de départ elle-même ne bouge pas : c'est le jour du décès, même si le partage entre héritiers a lieu des années plus tard (BOI-RFPI-PVI-20-20).

Du décès à la vente : ce qui change avec les années

  1. Jour du décèsDépart du délai
    • Valeur déclarée dans la succession : base du calcul
    • Le délai court même si le partage vient plus tard
  2. Après 5 ansForfait de 15 %
    • Pour travaux : 15 % de la valeur au décès
    • Sans facture, au lieu des travaux réels
  3. Dès la 6e annéePremiers abattements
    • 6 % par an pour l'impôt sur le revenu
    • 1,65 % par an pour les prélèvements sociaux
  4. 22 puis 30 ansVente exonérée
    • Après 22 ans, exonérée d'impôt sur le revenu
    • Après 30 ans, exonérée de prélèvements sociaux
D'après impots.gouv.fr (plus-values imposées, taux et abattements), le BOFiP BOI-RFPI-PVI-20-20 (durée de détention) et BOI-RFPI-PVI-20-10-20-20 (forfait de 15 % pour travaux).

Plusieurs héritiers : qui paie l'impôt sur la plus-value ?

Quand des héritiers vendent ensemble à un acheteur extérieur, chacun est imposé sur la fraction du prix qui correspond à sa part, comme l'écrivent les Notaires du Grand Paris. Le notaire établit une déclaration par vendeur et retient l'impôt de chacun sur sa part du prix : un héritier qui habitait la maison peut être exonéré pendant que les autres paient.

Le rachat de la part d'un frère ou d'une sœur n'est pas taxé à la plus-value : le partage d'une indivision issue d'une succession, même avec une soulte, échappe à l'impôt sur la plus-value. Si l'héritier qui a racheté les parts revend ensuite, sa durée de détention court pour le tout depuis le décès, date d'entrée dans l'indivision (BOI-RFPI-PVI-20-20). Pour un bien dont le défunt n'avait que l'usufruit, la règle diffère : le point de départ est la date à laquelle vous avez reçu la nue-propriété, comme l'explique le guide pour vendre une maison en usufruit.

Qui déclare et paie l'impôt au moment de la vente ?

Le notaire de la vente calcule la plus-value, remplit le formulaire 2048-IMM et paie l'impôt au service de la publicité foncière, en le prélevant sur le prix avant de vous verser le solde (Service-Public F10864, vérifié le 15 avril 2026). Vous n'avez rien à payer après coup, à une condition : lui donner les justificatifs à temps, en particulier la déclaration de succession, l'avis de paiement des droits et les factures de travaux. Sans eux, il retient la valeur au décès seule, sans majoration.

Au-delà de 50 000 € de plus-value imposable, une taxe sur les plus-values élevées s'ajoute, de 2 % à 6 % selon le montant ; elle ne concerne ni les ventes exonérées ni les terrains à bâtir. Le montant de la plus-value doit aussi figurer sur votre déclaration de revenus de l'année de la vente, même si l'impôt a déjà été payé par le notaire (Notaires du Grand Paris).

Questions fréquentes

Pourquoi attendre 5 ans avant de vendre une maison héritée ?

Parce qu'au-delà de 5 ans de détention depuis le décès, vous pouvez ajouter un forfait de 15 % de la valeur au décès pour travaux, sans facture. Sur une maison déclarée 200 000 €, cela retire 30 000 € de plus-value taxable. Le premier abattement pour durée de détention n'arrive qu'à partir de la 6e année.

La maison était la résidence principale de mes parents : la vente est-elle exonérée ?

Non, pas pour cette raison. L'exonération de la résidence principale vaut pour le vendeur : elle ne s'applique que si la maison est votre propre résidence principale au jour de la vente. La plus-value reste toutefois calculée depuis la valeur au décès, souvent proche du prix de vente si vous vendez vite.

Les travaux faits par le défunt réduisent-ils la plus-value ?

Non, pas directement. Ils sont déjà compris dans la valeur du bien au décès, qui sert de point de départ. Seuls les travaux d'amélioration ou d'agrandissement payés par l'héritier après le décès, sur factures d'entreprise, ou le forfait de 15 % après 5 ans, s'ajoutent à cette valeur.

Faut-il reporter la plus-value sur sa déclaration de revenus ?

Oui. Même si le notaire a déjà payé l'impôt lors de la vente, le montant de la plus-value imposable se reporte sur la déclaration de revenus de l'année de la vente. Il ne crée pas de nouvel impôt : c'est une déclaration d'information, l'impôt ayant été réglé à la signature de l'acte.

Comment est calculée la plus-value en cas de donation ?

Comme pour un héritage, à partir de la valeur écrite dans l'acte, avec une durée de détention qui part de la date de la donation. Une différence compte : les droits de donation payés par le parent à la place de l'enfant ne s'ajoutent pas. Le cas de la vente d'un bien reçu en donation partage est détaillé à part.

Sources

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